West Side Story


En résumé :
Pays : Etats Unis
Spectacle de Arthur Laurents, Leonard Bernstein et Stephen Sondheim


A l'origine, on y entendait qui ?
- Tony : Larry Kert
- Maria : Carol Lawrence
- Anita : Chita Rivera
- Bernardo : Ken Le Roy
- Riff : Michael Callan
- Doc : Art Smith
- Lt Schrank : Arch Johnson
- Officer Krüpke : William Bramley


Ca raconte quoi ?
Dans les rues de New York, dans les années 50, les Américains du gang des Jets et les Portoricains du gang des Sharks s'affrontent sans cesse pour leur territoire. Afin de régler le conflit, les 2 bandes rivales décident d'un affrontement unique entre les champions des 2 camps. Au milieu de tout cela, Maria, soeur de Bernardo, le chef des Sharks, tombe amoureuse de Tony, bras droit de Riff, leader des Jets. En cachette de tous, ils tenteront de vivre leur amour envers et contre tout.

Ce que j'en pense  ?
West Side Story, joué au Théâtre du Chatelet à Paris, a conclu mon marathon automnal de comédies musicales, et je dois dire que ça s'est terminé en apothéose !
La version jouée à Paris est une version américaine surtitrée, les sous titres étant affichés sur des écrans au dessus et sur les côtés de la scène. Malgré le fait que tout soit donc en anglais, le spectacle demeure parfaitement accessible à tout le monde.

Je ne sais pas vraiment par où commencer ... Reprenons le canevas habituel : histoire/chansons, décors/costumes et interprètes.
L'histoire, finalement, reprend celle de Roméo et Juliette, les 2 camps rivaux, les enfants innocents qui ne devaient pas s'aimer mais qui tombent amoureux malgré tout. Bon, voilà, c'est ce que c'est ! Soit on aime Roméo et Juliette, soit on n'aime pas. Au delà de cette trame intemporelle, le spectacle soulève d'autres problèmes d'actualité à l'époque, et toujours aujourd'hui : le racisme, l'immigration, l'intégration, les différences d'accès au travail pour les immigrés, etc. C'est un spectacle qui parle à tout le monde, quelle que soit l'époque. Du point de vue des chansons, elles sont quasiment toutes plus connues les unes que les autres : Somewhere, America, Tonight ... Comparé à ce qu'on entend dans des spectacles plus contemporains comme Wicked ou Spring Awakening, ça peut sembler assez désuet (j'entends déjà les puristes hurler que ces chansons sont des classiques !), ce qui est légèrement accentué par le fait que le premier rôle féminin est lyrique. Mais à la limite, puisque l'action se situe dans les années 50, ça colle mieux avec l'époque à laquelle se déroule l'histoire.

Question décors, j'ai bien aimé, même si ça reste vide. Comme dans de nombreux spectacles que j'ai pu voir ces derniers temps, on a un décor en dur, en l'occurrence, toute une batterie d'escaliers métalliques typiquement new yorkais, et un écran sur lequel est projeté des photos de différents endroits de la ville pour déplacer l'action.
De la même façon que le bleu et le rouge figuraient les 2 familles dans Roméo Et Juliette, la différence entre les 2 camps ressort dans les costumes. Les Jets sont habillés de couleurs très pâles, ternes (kaki, beige, brun), qui contrastent énormément avec les couleurs vives des robes et des costumes des Sharks.
Du côté des chorégraphies, là aussi, on est plus dans le classique que dans le contemporain. Ca change un peu du hip hop qu'on retrouve systématiquement dans les spectacles de Kamel, mais quelque part, ça aurait pu être bien d'en ajouter un peu pour le coup. Même si je suis toujours ébahie et très admirative de voir quelle technique et quelle rigueur ont les danseurs classiques, je trouve que ça colle moins bien aux scènes de bagarre que des danses plus contemporaines, que ça les rend moins crédibles ... Après, ça reste un point de détail, surtout ressenti au début du spectacle, mais qu'on oublie totalement une fois qu'on est dedans.

Et puis évidemment, comme à chaque fois avec un spectacle anglophone, on en prend plein les oreilles ... Toute la troupe place la barre très très haut. Chacun combine chant et danse sans fausse note, même après des chorégraphies endiablées comme "Cool". La meilleure à ce petit jeu, c'est Yanira Marin dans le rôle d'Anita, à la fois piquante, drôle et touchante. J'ai aussi beaucoup aimé le côté caliente de Pepe Muñoz aka Bernardo, autant que la sensibilité de Liam Tobin, excellent Tony, à la voix chaude et puissante. La seule sur laquelle j'émettrais peut être une légère réserve, c'est Elena Sancho Pereg dans le rôle de Maria. Déjà, le lyrique, même si j'admire la technique car je serais bien incapable de faire pareil, c'est pas mon truc. Mais au delà de ça, j'ai trouvé qu'elle était très naturelle dans son jeu, mais uniquement quand elle ne chantait pas, où elle me paraissait alors un peu crispée. Cependant, l'alchimie avec Liam était présente et vocalement, les 2 voix se mariaient à merveille !!!


Pas une fausse note pour : Yanira Marin
Partition à revoir pour : Je passe mon tour !
Le tableau coup de coeur :  Dance at the gym, aux chorégraphies hallucinantes !

Le mot de la fin : 
West Side Story était le spectacle idéal pour clôturer mon marathon de comédies musicales. Un vrai petit bout de Broadway à Paris, avec tous les avantages d'un spectacle anglophone, l'inconvénient de la distance en moins. Et j'ai été assez surprise de voir la séance sold out. Dans la mesure où "Mamma Mia!" version originale n'avait pas très bien marché quand la version française avait cartonné, je ne pensais pas que West Side Story pouvait faire salle comble. Alors je pense que le fait que le spectacle soit surtitré a probablement dû jouer, mais comme quoi, il est tout à fait possible qu'un spectacle comme celui là, de qualité de A à Z, fédère les spectateurs et fasse l'unanimité ...

Commentaires

Articles les plus consultés